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Il est utile de penser à tous les niveaux de partenariat qui existent chez les organismes sans but lucratif. Certains d’entre nous ont tendance à associer les partenariats avec des termes tels que « jumelages » ou « acquisitions », puis à réagir négativement au langage des affaires. Il existe une vaste gamme de possibilités. Les récits contenus dans ce manuel illustrent bon nombre de ces différentes possibilités.
Notre expérience nous suggère aussi que l’établissement d’un partenariat devient plus difficile, requiert plus de temps et suscite plus de conflits à mesure que vous descendez « l’échelle de partenariat » qui suit.
1. Partage de l’information
Historiquement, il s’agit d’une forme courante de partenariat entre les organismes de services communautaires. Les organismes sans but lucratif offrant des services comme les nôtres, ou intervenant à plus grande échelle dans des communautés de petite taille, se réunissent régulièrement afin de partager de l’information sur leurs activités, leurs réussites et leurs plans pour l’avenir. De nombreuses agences des Grands Frères Grandes Sœurs participent à ces structures et forums inter-organismes.
2. Prestation d’un projet conjoint comportant une échéance
Un projet conjoint peut être une activité de sensibilisation ou de collecte de fonds spécifique ou un vidéo de formation commun pour les bénévoles, ou encore une campagne de recrutement de bénévoles conjointe. Un projet conjoint comporte toujours un début et une fin, ce qui aide les partenaires à travailler ensemble. Typiquement, les projets conjoints ont trait à quelque chose de nouveau, ce qui aide aussi à travailler ensemble.
Les projets conjoints sont aussi la façon la plus facile pour deux organismes ou plus de commencer à établir des liens qui mèneront à des partenariats davantage en profondeur.
3. Élaboration de protocoles pour aiguiller les clients
Les enfants, les jeunes et les familles ont des besoins et intérêts diversifiés. Ils peuvent tirer profit d’un programme de mentorat ou d’activités récréatives et sociales après les heures de classe. Cependant, ils peuvent aussi avoir besoin de services de counselling, de camps d’été, des services de garde ou d’une aide additionnelle au niveau scolaire.
L’idée d’élaborer des protocoles pour aiguiller les client vise à aider les enfants, les jeunes et les familles à mettre le pied dans le système des services communautaires et, par le fait même, à avoir accès à une gamme de ressources pouvant être offertes par d’autres organismes.
4. Établissement de programmes conjoints
Imaginez deux organismes acceptant de mettre sur pied un nouveau programme ensemble, par le biais d’une forme quelconque d’initiative conjointe. Il peut s’agir d’une activité de mentorat à l’école créée conjointement par un Club Garçons et Filles, le district scolaire et une agence des Grands Frères Grandes Sœurs d’une ville avoisinante. Il peut aussi s’agir d’un Club Garçons et Filles mis sur pied à titre d’initiative conjointe par une agence des Grands Frères Grandes Sœurs et une école locale ayant un espace à partager. Le récit sur Edmonton (page 98) donne un exemple de cette approche.
Les deux organismes ou plus rassemblent leur expertise, leur crédibilité, leur expérience et leurs ressources diversifiées distinctes au nom des enfants, des jeunes, des familles et de la communauté en général. Cet engagement va au-delà de l’idée d’élaborer un projet conjoint à court terme et assure plutôt la qualité et la viabilité du programme à long terme.
C’est là le premier type de ce que ce manuel décrit comme étant un partenariat davantage en profondeur.
Le lien entre les deux organismes ou plus est continu et requiert une plus grande confiance, de même qu’une attention et un soutien continus.
5.Coexistence sous un même toit
La colocation peut simplement consister en le partage d’un espace dans un même immeuble. Tout comme dans de nombreuses tours à bureaux, les murs créent des frontières et il y a un très faible partage des autres ressources. Toutefois, la colocation peut aussi être une forme beaucoup plus profonde de partenariat où les organismes se rassemblent pour partager de l’espace, de l’équipement, des systèmes téléphoniques et des services de réception. Le récit sur Wetaskiwin (page 92) illustre cette approche.
En surface, ils espèrent que cela permettra de réduire les coûts.
Davantage en profondeur, ils souhaitent qu’en interagissant officieusement ensemble, que ce soit dans les couloirs ou la salle à manger, les employés et les bénévole établiront des liens qui entraîneront d’autres types de partenariat, par exemple des projets ou des programmes conjoints, ainsi que des approches conjointes pour travailler auprès d’enfants, de jeunes et de familles en particulier.
Notre expérience suggère que ce n’est pas facile et que cela ne se produit pas à moins de recevoir l’attention continue requise.
6. Partage des ressources administratives
De nombreux organismes sans but lucratif, incluant les agences des Grands Frères Grandes Sœurs et les Clubs Garçons et Filles, savent ce qu’ils veulent et doivent faire, mais n’ont pas les gestionnaires et les employés pour le faire, ni même les ressources financières nécessaires pour embaucher ces gestionnaires et ces employés. C’est alors que le partage des ressources administratives devient une importante stratégie à envisager.
Imaginez plusieurs organismes acceptant, ensemble, d’embaucher un directeur des ressources humaines pouvant travailler avec chacun des organismes à tour de rôle afin d’élaborer de solides pratiques et politiques de ressources humaines, de fournir des conseils en permanence à chaque organisme (par exemple sur la gestion des employés difficiles), et de créer des possibilités de développement professionnel conjointes. Ou imaginez le même genre de position mettant l’accent sur des questions relatives au recrutement, au soutien, à la coordination et à l’évaluation des bénévoles. Ou imaginez plusieurs organismes de petite taille acceptant d’embaucher conjointement un directeur général qui assurerait la gestion et la direction générale de chaque organisme distinct. Les récits sur Red Deer (page 58) et Wetaskiwin (page 92) illustrent cette approche.
Ce niveau de partenariat en profondeur est très difficile à atteindre. Il requiert une confiance et une honnêteté considérables de la part des partenaires, de même qu'un engagement à long terme. Cependant, quand il fonctionne, il peut rapporter d’immenses dividendes à chaque partenaire.
7. Création d’une fédération
Une fédération est une association d’organismes communautaires qui travaillent essentiellement ensemble, tout en conservant une identité organisationnelle distincte. L’association semble être « collée » ensemble par des ententes communes en matière de vision, de buts, de valeurs, de politiques, de programmes et de pratiques. C’est comme s’il y avait un plan stratégique, mais que de nombreux intervenants différents mettaient en œuvre ce plan, séparément ou ensemble.
Les fédérations se situent souvent entre des programmes conjoints, des programmes coexistant sous un même toit et des programmes partageant des coûts administratifs d’une part, et les fusions officielles d’une autre part.
Les deux organismes nationaux, les Grands Frères Grandes Sœurs du Canada et les Clubs Garçons et Filles du Canada, sont tous deux un genre de fédération.
8. Création d’un seul organisme
Le niveau de partenariat le plus profond consiste à fusionner deux organismes ou plus ensemble en une seule entité légale. Le récit sur Delta (page 129) illustre cette approche. Il faut effectuer un travail considérable pour parvenir à cette fin.
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