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Chapitre 6 : Planification d’un centre organisationnel

Récits de différentes approches organisationnelles

Wetaskiwin (Alberta)

Selon la légende, les Cris et les Pieds-Noirs qui habitaient où se situe maintenant le Centre-Est de l’Alberta étaient des ennemis jurés au milieu des années 1800. Comme les Cris vivaient au nord de la rivière Red Deer et les Pieds-Noirs au sud, la rivière était la frontière qui délimitait le territoire de chasse de chaque tribu. Cependant, les Pieds-Noirs avaient pris l’habitude de traverser la rivière et de s’aventurer sur le territoire cri durant les chauds mois de l’été afin de chasser le bison qui migrait vers le nord. Cette intrusion irritait les Cris et fut à l’origine d’une longue guerre ayant opposé les deux tribus.

Toutefois, vers 1867, grâce à une rencontre fortuite entre les deux chefs de tribu, un accord de paix a été conclu dans les collines à proximité de ce qui est aujourd’hui la ville de Wetaskiwin. À partir de ce moment, la région a été désignée par les autochtones sous le nom de « Wetaskiwin Spatinow », ce qui signifie « les collines où la paix a été conclue ».

Rather than setting up the Boys and Girls Club as a rival to Big Brothers Big Sisters, the steering committee took an approach that made the most efficient use of limited community resources.

Près de ces mêmes collines, la ville de Wetaskiwin s’est développée dans les décennies qui ont suivi. La ville a maintenant une population de 11 000 habitants, une solide base agricole et plusieurs organismes communautaires importants, incluant une organisation des Grands Frères Grandes Sœurs et un Club Garçons et Filles.

Contrairement aux Cris et aux Pieds-Noirs de notre légende, les Grands Frères Grandes Sœurs et les Clubs Garçons et Filles n’ont jamais été en guerre à Wetaskiwin, ni nulle part ailleurs soit dit en passant. Pourtant, dans de nombreuses communautés à l’échelle du pays, les deux organismes existent et doivent, comme les Cris et les Pieds-Noirs des années 1800, rivaliser pour mettre la main sur les rares ressources disponibles. En conséquence, bon nombre de ces organisations deviennent territoriales et isolées, et certaines entretiennent entre elles des relations tendues dans leur lutte pour assurer leur survie. À Wetaskiwin, cependant, les deux organismes ont uni leurs efforts pour le bien de la communauté. Ils coexistent en paix et en collaboration, tout comme les deux tribus de la région ont trouvé le moyen de le faire il y a 150 ans de cela.

Contrairement aux Cris et aux Pieds-Noirs de notre légende, les Grands Frères Grandes Sœurs et les Clubs Garçons et Filles n’ont jamais été en guerre à Wetaskiwin, ni nulle part ailleurs soit dit en passant. Pourtant, dans de nombreuses communautés à l’échelle du pays, les deux organismes existent et doivent, comme les Cris et les Pieds-Noirs des années 1800, rivaliser pour mettre la main sur les rares ressources disponibles. En conséquence, bon nombre de ces organisations deviennent territoriales et isolées, et certaines entretiennent entre elles des relations tendues dans leur lutte pour assurer leur survie. À Wetaskiwin, cependant, les deux organismes ont uni leurs efforts pour le bien de la communauté. Ils coexistent en paix et en collaboration, tout comme les deux tribus de la région ont trouvé le moyen de le faire il y a 150 ans de cela.

Par conséquent, en 1987, les Grands Frères Grandes Sœurs et les Services de soutien familial et communautaire (un bailleur de fonds et un pourvoyeur de services de la municipalité) ont formé un Comité d’orientation afin d’examiner les besoins de la communauté. Il est apparu clairement au Comité qu’un vaste éventail de services pour les enfants, les jeunes et les familles davantage accessibles à l’ensemble de la communauté était requis. Le Comité a donc pris des mesures afin de créer un Club Garçons et Filles à Wetaskiwin. En 1988, un nouvel organisme a été fondé, un directeur général a été embauché, un petit centre a été loué et plusieurs programmes après l’école et de jour ont été mis sur pied à l’intention des enfants et des jeunes.

Plutôt que d’établir un Club Garçons et Filles qui rivaliserait avec les Grands Frères Grandes Sœurs, le Comité d’orientation a adopté une approche tirant le maximum des ressources limitées de la communauté. Les deux organismes avaient les mêmes administrateurs en plus de partager le même immeuble. Cependant, les Grands Frères Grandes Sœurs et le Club Garçons et Filles fonctionnaient distinctement puisqu’il y avait deux sociétés, deux séries de règlements généraux, deux séries de livres comptables, deux directeurs généraux et deux mandats. Les deux organismes partageaient les frais généraux et maximisaient leur capacité d’amasser des fonds.

En 1995, une restructuration a été effectuée afin qu’il y ait un seul directeur général dirigeant (et payé par) les deux organismes, de manière à ce que ces derniers soient financièrement responsables. Cela a permis d’investir davantage de ressources dans le personnel des programmes de chaque organisme. Au même moment, les deux organismes ont amassé suffisamment d’argent pour acheter un immeuble qui est devenu le Centre jeunesse de Wetaskiwin.

Dana Cook, devenu directrice générale des Grands Frères Grandes Sœurs et du Club Garçons et Filles au moment de la restructuration, a été témoin de nombreux changements au sein des deux organismes pendant son mandat, dont les plus importants furent peut-être la croissance et la diversification de la programmation du Club Garçons et Filles, et la diminution du nombre d’enfants jumelés dans le programme de mentorat traditionnel des Grands Frères Grandes Sœurs. Dana analyse cette situation ainsi : « Le Club Garçons et Filles [de Wetaskiwin] répond aux besoins d’une population élargie et est plus facilement accessible pour les enfants. Par conséquent, il a absorbé une grande partie du « besoin » pour lequel les gens faisaient appel aux Grands Frères Grandes Sœurs. Par conséquent, le besoin des [jumelages des] Grands Frères Grandes Sœurs a été réduit. »

Dana reconnaît que la baisse du nombre de jumelages des Grands Frères Grandes Sœurs à Wetaskiwin peut être attribuée à de nombreux facteurs. Mais un de ces facteurs est clairement relié à l’approche organisationnelle de cet organisme. Elle y va de la mise en garde suivante auprès des personnes envisageant d’adopter le modèle de Wetaskiwin : « Avec autant de jeunes allant au Club Garçons et Filles, la réaction naturelle est de consacrer plus de ressources à cet endroit. Nous avons donc dû mettre l’accent sur le fait que nous avons besoin des Grands Frères Grandes Sœurs dans la communauté, que nous sommes engagés envers de tels jumelages et que nous nous engageons à accroître le nombre de jumelages. »

Malgré les efforts additionnels requis pour assurer que les deux organismes reçoivent une attention et des ressources suffisantes, Dana croit que leur approche organisationnelle comporte plusieurs avantages. « Les dépenses encourues par la présence de deux immeubles et deux directeurs généraux accomplissant un travail similaire n’étaient pas raisonnables. [Travailler ensemble] permet de mieux utiliser les ressources humaines disponibles et d’offrir avec plus d’efficacité un plus grand nombre de programmes, peut-être même avec moins de personnes. Les mandats des Grands Frères Grandes Sœurs et du Club Garçons et Filles, quoique assurément distincts, visent tous deux à servir les enfants. C’est pourquoi je crois qu’ils s’agencent bien ensemble. »

Les Conseils d’administration des Grands Frères Grandes Sœurs et du Club Garçons et Filles à Wetaskiwin estiment que bien qu’il soit nécessaire de satisfaire aux intérêts individuels de chaque organisme, il est en bout de ligne plus important de mettre davantage l’accent sur les besoins de la communauté. C’est en travaillant ensemble que ces organismes sont le plus en mesure d’atteindre leur but mutuel de servir les enfants, les jeunes et les familles de Wetaskiwin au moyen d’une vaste gamme de services efficaces et accessibles. Dana mentionne franchement : « La réalité, c’est que si nous n’avions pas adopté cette approche à Wetaskiwin, un des deux organismes aurait dû fermer ses portes. »

Et tout comme dans la légende, c’est une approche de collaboration « pacifique » qui a assuré le bien commun et la survie des deux groupes à Wetaskiwin.

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Chapitres
Chapitre 6 : Planification d’un centre organisationnel
> Introduction
> Utilisation d’un organisme existant dans la communauté locale
> Création d’un satellite d’un organisme existant dans une autre communauté
> Création d’un nouvel organisme
> Création d’une initiative commune
> Récits de différentes approches organisationnelles
Wetaskiwin (Alberta)
Squamish (Colombie-Britannique)
Abbotsford, Mission et Ridge Meadows (Colombie-Britannique)
Edmonton (Alberta)
Préface

Survol du manuel
Section 1
Réflexion sur de nouveaux programmes

Chapitre 1 : D’abord un rêve

Chapitre 2 : Établissement de programmes de Grands Frères Grandes Sœurs et de Clubs Garçons et Filles

Chapter 3 : Adoption d’une approche communautaire plus profonde

Chapitre 4 : Importantes considérations concernant le programme Travaillons ensemble liant les Grands Frères Grandes Sœurs et les Clubs Garçons et Filles
Section 2
Réflexion sur la viabilité de la programmation

Chapitre 5 : Planification de la viabilité du programme

Chapitre 6 : Planification d’un centre organisationnel
Section 3
Réflexion sur la viabilité organisationnelle


Chapitre 7 : Viabilité organisationnelle
Section 4
Réflexion sur les partenariats et les fusions

Chapitre 8 : Travaillons ensemble

Chapitre 9 : Processus de partenariat et de fusion en profondeur
Annexe
Cette campagne est financée par le Gouvernement du Canada